Team sort comme cheam. Facebook s’affuble d’une petite voyelle à la fin pour devenir Face-book-ee. Et Brazil perd son L en route, atterrissant sur un Bra-ziw.
Si vous avez grandi en parlant le portugais brésilien et que vous parlez aujourd’hui anglais, ces trois exemples vous sont probablement familiers — même si vous avez cessé de les entendre dans votre propre voix depuis des années. N’y voyez aucun manque d’application. Le portugais a offert à votre bouche un système phonétique fluide, épris de voyelles, et l’anglais s’obstine à exiger ce que ce système a été conçu pour éviter : des mots qui s’achèvent sur une consonne dure, un son h là où vit votre r, un L plat en fin de syllabe, et deux sons th que le portugais n’a jamais connus. Presque tous les locuteurs brésiliens tombent dans ces mêmes schémas, et une oreille entraînée n’a besoin que d’une ou deux phrases pour deviner votre langue maternelle.
Cet article en identifie dix. Nous parlons d’« erreurs » dans un sens très strict : ce que fait votre bouche ne correspond pas à ce que fait une bouche américaine. Ce n’est pas le signe d’un mauvais niveau d’anglais, et redoubler d’efforts ne suffit pas à lisser ces traits. La solution est mécanique : il faut comprendre le décalage, puis entraîner le geste spécifique qui permet de le corriger.
Le portugais brésilien évite de terminer les mots sur une consonne nue. En conséquence, l’anglais hérite d’un petit /i/ qui transforme Facebook en Face-book-ee et adoucit les T et les D situés devant cette voyelle pour donner cheam et jid. De plus, le portugais prononce la lettre r avec le son h de l’anglais, vocalise chaque L de fin de syllabe en W (Brazil devient Bra-ziw), escamote le M final au profit d’une voyelle nasale, et ne possède ni /θ/ ni /ð/. Son système vocalique étant plus restreint que celui de l’anglais, la distinction ship/sheep disparaît, et son rythme ajoute des voyelles là où l’anglais les supprime. Corrigez les deux ou trois tics les plus tenaces, et votre discours perdra instantanément sa coloration étrangère. Si vous travaillez sur la majorité d’entre eux pendant un an, vous effacerez l’essentiel de l’empreinte qui trahit vos origines.
Pourquoi le portugais brésilien rend l’anglais américain si difficile
Commençons par quelques réalités structurelles, car elles expliquent presque tout ce qui suit.
Le portugais n’aime pas terminer un mot sur une consonne dure. Les mots natifs portugais s’achèvent sur une voyelle ou sur une liste très courte de terminaisons douces (s, r, l, m, voyelles nasales). Lorsqu’un mot est censé se terminer par une consonne occlusive comme b, k, g ou d, la bouche la soutient avec une petite voyelle /i/ pour que la syllabe se ferme confortablement. C’est cette unique habitude qui génère le fameux ee superflu, les T et D adoucis, ainsi que la terminaison -ed sur-prononcée que nous verrons plus bas.
Le portugais attribue certaines lettres à des sons différents de l’anglais. La lettre r en début de mot produit le son h anglais, pas un r anglais ; rato sonne donc comme HA-too. La langue ignore le /θ/ et le /ð/, les deux sons du th. Quant au l en fin de syllabe, ce n’est plus du tout un L plat produit avec la pointe de la langue : en portugais moderne, c’est déjà un w. Là où l’anglais réclame un son que le portugais a réassigné, votre bouche se tourne par réflexe vers la valeur portugaise.
Le portugais remodèle les consonnes autour d’une voyelle « ee » et en fin de syllabe. Devant un /i/, le portugais brésilien transforme le t en /tʃ/ et le d en /dʒ/ (les sons ch et j de l’anglais). En fin de syllabe, le l devient w et le m cesse de fermer les lèvres, laissant la voyelle nasale. Ce ne sont pas des versions négligées de ces sons : ce sont les sons portugais corrects, appliqués à l’anglais aux mêmes emplacements.
Le portugais possède sept timbres vocaliques oraux dans ses syllabes accentuées, et ils ne se vident pas pour devenir un schwa neutre. L’anglais compte environ deux fois plus de voyelles, dont plusieurs forment des paires que votre oreille perçoit comme identiques. De plus, son système de réduction vide chaque voyelle non accentuée de sa substance pour tendre vers un schwa incolore. Le portugais brésilien pratique aussi la réduction, mais il réduit vers des sons i et u clairs, et il a tendance à ajouter des voyelles plutôt qu’à les supprimer. Ainsi, l’anglais vous demande d’avaler des syllabes, là où l’instinct portugais vous pousse à les conserver.
Les dix schémas ci-dessous découlent directement de ces quatre réalités. Ils sont divisés en trois groupes : les habitudes liées aux consonnes et aux finales, les deux voyelles que l’anglais sépare et que le portugais confond, et le décalage rythmique. La plupart des locuteurs brésiliens présentent une majorité de ces traits, deux ou trois d’entre eux faisant le plus gros du travail de distorsion.
Groupe A : sept habitudes de consonnes et de finales
1. Le « ee » superflu à la fin
Facebook devient Face-book-ee. Club devient clu-bee. Hip-hop devient hip-hop-ee.
C’est l’indicateur d’accent brésilien le plus reconnaissable entre tous, et ce n’est pas du tout une substitution de son. C’est une règle de structure syllabique. Le portugais ne termine pas ses mots sur une consonne occlusive dure. Alors, quand l’anglais le fait, votre bouche ajoute un petit /i/ pour arrondir la fin de la syllabe, et l’oreille américaine entend un temps supplémentaire boulonné à la fin du mot. Ce phénomène s’invite partout où l’anglais empile les consonnes en finale, et c’est le moteur de plusieurs des schémas que nous abordons plus bas.
L’exercice : terminez le mot sur sa dernière consonne et arrêtez votre voix net. Dites book et figez l’arrière de votre langue contre le palais sur le k final, sans aucune voyelle derrière. Pour club, laptop, hip-hop, pressez plutôt vos lèvres l’une contre l’autre sur le b ou le p final. Pour big, c’est de nouveau l’arrière de la langue. Coupez le son d’un coup sec au lieu de le laisser déborder en ee.
2. Les T et D s’adoucissent devant un « ee »
Team sonne comme cheam. Deep sonne comme jeep. Et internet, qui s’était déjà vu affubler d’un ee à la fin à cause du schéma 1, sort comme in-ter-ne-chee (le t final, se trouvant maintenant devant ce ee, devient le ch).
En portugais brésilien, un t placé devant un /i/ devient /tʃ/ (le ch de chip), et un d devant un /i/ devient /dʒ/ (le j de job). C’est automatique dans la langue : tia se dit CHEE-ah, dia se dit JEE-ah. L’anglais conserve le t et le d durs à ces endroits, mais le réflexe portugais prend le pas sur la cible anglaise : team, tip, did et dinner s’en trouvent adoucis. Dans tip et did, la voyelle déclencheuse est en réalité le /ɪ/ (plus relâché), mais les Brésiliens le tirent de toute façon vers le /i/ (c’est le schéma 8), de sorte que l’adoucissement se produit quand même. Le ee superflu du schéma 1 aggrave la situation, car chaque /i/ ajouté est un nouveau déclencheur. Le repère, c’est que les t et d anglais touchent la crête alvéolaire derrière les dents et se relâchent proprement, sans aucun sifflement de type sh ou zh dans leur sillage.
L’exercice : tenez le t de team comme une occlusive nette, sans friction après. Prononcez team, tip, ticket, did, dinner lentement ; si vous entendez un ch ou un j s’infiltrer, c’est que vous avez relâché la langue trop doucement.
3. Le R en début de mot devient un H
Red sonne comme head. Rich sonne comme hitch. Rabbit sonne comme habit.
Dans la majeure partie du Brésil, la lettre r en début de mot, ainsi que le double rr, se prononcent comme un son h, et pas du tout comme un r anglais. Alors, quand l’anglais exige le son R au début de red, right ou run, l’habitude portugaise fournit un h à la place, et le mot perd entièrement son R. Le R américain se produit avec la langue massée et tirée vers l’arrière, sans rien toucher, les lèvres légèrement arrondies. Vous trouverez la mécanique complète dans l’article sur l’opposition L/R et dans l’article sur le R américain.
L’exercice : arrondissez vos lèvres comme pour un w, massez la langue vers l’arrière sans la laisser toucher le palais, et glissez doucement vers la voyelle pour red, right, run, rich, en gardant le son continu, sans friction dans la gorge. Ce départ avec les lèvres en avant est ce qui empêche le h de s’infiltrer.
4. Le L sombre fond en W
Milk sonne comme miwk. Brazil sonne comme Bra-ziw. Tool sonne comme too-w.
En portugais brésilien moderne, un l en fin de syllabe n’est pas un L produit avec la pointe de la langue ; c’est déjà un w. Dans le langage courant, Brasil se dit Bra-ziw et mal se dit maw. L’anglais américain assombrit également son L final, mais il conserve un véritable contact avec la langue : la pointe touche toujours la crête derrière les dents au moment de relâcher. Si vous supprimez ce contact, le L se transforme en une pure voyelle, de sorte que milk, bill, real et cold perdent leur L. L’explication complète se trouve dans l’article sur le L sombre.
L’exercice : dites miwk à la portugaise, puis redites-le en forçant la pointe de votre langue à monter toucher l’arrière de vos dents du haut à la fin, en maintenant le contact un instant. Répétez avec bill, real, cold, sale jusqu’à ce que la pointe se pose à chaque fois.
5. Le TH se transforme en T, D, F ou V
Think se transforme en tink ou fink. This se transforme en dis. Three se transforme en tree.
Le portugais ne possède ni /θ/ (le th sourd de think), ni /ð/ (le th voisé de this). Cherchant un son qu’elle n’a pas en stock, votre bouche saisit la consonne occlusive ou fricative la plus proche dans son répertoire : think devient tink ou fink, this devient dis ou vis, three s’effondre en tree. Les deux sons th utilisent la même position de bouche, la pointe de la langue étant placée légèrement entre les dents de devant ou juste derrière, l’air s’écoulant par-dessus. La seule différence entre les deux est l’activation ou non des cordes vocales. L’article sur le son TH décortique en détail la position de la langue.
L’exercice : placez la pointe de votre langue de manière à sentir juste le bord de vos dents du haut se poser dessus, et poussez de l’air pour faire un long thhh ; c’est le th de think. Activez votre voix sans bouger la langue, et vous obtenez le th de this. Pratiquez la version sourde sur think et three, et la version voisée sur this et brother.
6. Le M final ne ferme plus vos lèvres
Time dérive vers tine. Name dérive vers nane. Come perd sa terminaison au profit d’un uh nasal.
En portugais, un m à la fin d’un mot ne ferme pas du tout les lèvres ; il se contente de nasaliser la voyelle qui le précède, de la même manière que sim se dit see(n) et bom se dit boh(n). Transposez cela en anglais et le m final de time, name, room et from s’évapore, laissant une voyelle nasale là où un Américain s’attend à voir vos lèvres se presser l’une contre l’autre. La correction est mécanique et visible : les lèvres doivent impérativement se toucher. Cette habitude s’appuie sur le même réflexe de voyelle nasale que celui couvert dans la règle de la voyelle avant une nasale, à la différence qu’ici la consonne disparaît complètement.
L’exercice : dites time et figez-vous les lèvres pressées l’une contre l’autre sur le m final, en maintenant la fermeture pendant une bonne seconde pour bien la sentir. Répétez avec name, room, home, from, en faisant du contact des lèvres la toute dernière chose qui se passe dans le mot.
7. La terminaison -ed se dote d’une voyelle
Asked sort comme ask-id. Worked sort comme work-id. Stopped sort comme stop-id.
C’est le schéma 1 appliqué à la grammaire. La terminaison régulière du passé -ed n’est généralement qu’une simple consonne collée à la fin du verbe : asked se termine par un son t (askt), worked par un t (workt), played par un d (playd). Elle ne devient une syllabe à part entière qu’après un t ou un d, comme dans wanted et needed. L’instinct portugais d’éviter une fin abrupte ajoute une voyelle là où l’anglais n’en veut pas. Résultat : un passé d’une syllabe se transforme en deux, et la grammaire a l’air d’être épelée. L’article sur les terminaisons en -ed détaille laquelle des trois finales s’applique à chaque verbe.
L’exercice : prenez asked, worked, helped, stopped et terminez chacun sur un t net, sans voyelle derrière, pour qu’ils se ferment aussi sèchement que act, kept et opt. Ne laissez le -ed devenir une syllabe que dans wanted et needed, où l’anglais en ajoute véritablement une.
Groupe B : deux voyelles que l’anglais distingue et que le portugais confond
8. /ɪ/ contre /iː/ : ship et sheep
Ship et sheep se prononcent de la même façon. Tout comme bit et beat, fill et feel ; live sort comme leeve.
Le portugais ne possède qu’une seule voyelle antérieure fermée, le i de si, et elle est tendue et brillante, correspondant presque exactement au /iː/ anglais de sheep. L’anglais possède également une seconde voyelle, plus basse et plus relâchée, juste à côté : le I court /ɪ/ de ship. Or le portugais n’a rien dans cette zone. Par conséquent, les deux mots anglais sont tirés vers la voyelle tendue, et le contraste disparaît. Malgré le symbole de longueur sur le /iː/, la différence est davantage une question de tension que de durée. Pour trouver ship, détendez-vous : laissez la mâchoire s’abaisser d’un cheveu et relâchez le sourire crispé. L’article sur l’opposition ship/sheep détaille l’ensemble de la position buccale.
L’exercice : à partir de sheep, abaissez légèrement la mâchoire et décrispez le sourire pour atterrir sur ship. Enchaînez sheep–ship, beat–bit, feel–fill sans laisser le second mot remonter vers la voyelle tendue.
9. La voyelle de cat : /æ/
Cat dérive vers ket. Bad dérive vers bed.
Le portugais possède un e mi-ouvert dans pé et un a ouvert dans pá, mais aucun son ne vient combler l’espace qui les sépare — espace où réside la voyelle de CAT anglaise, /æ/. Votre bouche n’ayant aucun repère dans cette zone, elle se rabat sur la voyelle portugaise la plus proche, et cat et bad se trouvent tirés vers le e de bed (qui est la même voyelle que votre pé), ou parfois vers l’arrière, vers le a ouvert. Le /æ/ exige plus que ce que ces deux sons n’offrent : la mâchoire s’abaisse davantage et la langue pousse vers l’avant, plate, avec une certaine lourdeur, tandis que les lèvres restent détendues. Si vous les étirez pour sourire, la voyelle remontera irrémédiablement vers bed. L’article sur la voyelle trap couvre la position de la bouche, et celui sur bed contre bad vous permet de pratiquer le contraste qui fait le plus de dégâts. (Une subtilité à garder pour plus tard : devant n et m, comme dans man et ham, le /æ/ américain se tend de lui-même, évitez donc de le pratiquer avec des mots nasals.)
L’exercice : laissez d’abord tomber la mâchoire en grand, puis poussez la langue vers l’avant, bien à plat pour cat, bad, trap, les lèvres détendues. Maintenant, dites bad–bed, bat–bet à la suite, en exagérant l’ouverture de la mâchoire sur le premier mot de chaque paire.
Groupe C : le rythme qui ajoute des syllabes au lieu d’en retirer
10. Chaque syllabe conserve tout son poids
Banana sort comme ba-NA-na, soit trois A clairs et entiers, au lieu de buh-NAN-uh. La phrase I’d like to get a cup of coffee est prononcée avec chaque syllabe prenant à peu près la même place, au lieu de s’appuyer lourdement sur like, get, cup, cof- et de laisser le reste disparaître.
L’anglais vide chaque voyelle non accentuée pour la réduire au schwa /ə/ — ce petit uh paresseux dépourvu de véritable couleur — et il compresse les petits mots-outils (to, of, a, and, for) dans les interstices entre les temps forts, jusqu’à les faire presque disparaître. Le portugais brésilien fait aussi des réductions, mais vers des sons i et u clairs, et tout son instinct, depuis le ee supplémentaire du schéma 1, l’incite à ajouter de la matière vocalique plutôt qu’à en soustraire. L’anglais ainsi prononcé devient trop régulier, chaque son étant pleinement voisé, et les petits mots prennent beaucoup trop de place. C’est la même mécanique que celle du schwa, appliquée à l’échelle d’une phrase entière ; l’article sur le schwa, l’article sur l’accent de mot et la page sur la réduction des mots-outils traitent le sujet sous tous ses angles.
L’exercice : lisez une phrase à voix haute et marmonnez délibérément les petits mots tout en vous appuyant fermement sur les mots porteurs de sens. Laissez to, of, a rétrécir jusqu’à n’être presque plus rien. Cela vous semblera négligé, mais le résultat sonnera beaucoup plus proche de l’anglais natif que des syllabes soigneusement égales.
Une note sur le portugais carioca, paulista et nordestino
Le portugais brésilien n’est pas un accent unique, et les schémas qui vous affectent le plus varient selon la région d’où provient votre portugais.
Le carioca (Rio de Janeiro) pousse le s de fin de syllabe vers un sh, si bien que mais sonne comme maish, et il utilise un r fort et guttural. L’habitude du sh peut s’exporter en anglais sur des mots comme costs et stops, et le r guttural renforce le schéma h-pour-r vu plus haut.
Le parler paulista et caipira (l’intérieur de São Paulo, le Minas Gerais, et une grande partie du Centre-Ouest) garde un r en fin de syllabe enroulé vers l’arrière en une rétroflexe, le r caipira. Ce son est exceptionnellement proche du R américain, ce qui donne souvent à ces locuteurs une longueur d’avance sur car, park et order, là où les autres Brésiliens rencontrent le plus de difficultés.
Le parler nordestino (une grande partie du Nord-Est) garde des voyelles plus ouvertes et, dans plusieurs zones, ne palatalise pas les t et les d devant un i, de sorte que tia reste TEE-ah plutôt que de devenir CHEE-ah. Les locuteurs de ces régions partent avec un avantage sur le schéma 2, puisque leur bouche a déjà l’habitude de garder les t et les d durs devant un ee.
Cette grille de lecture reste valable pour tous, et ce, même de l’autre côté de l’Atlantique : le portugais européen réduit les voyelles de manière beaucoup plus drastique et segmente les mots différemment, ce qui fait qu’un locuteur du Portugal sera confronté à un sous-ensemble de schémas liés mais pas identiques. Quelle que soit votre variante, ses particularités phonétiques et ses règles de transfert sont prévisibles dès lors que vous savez d’où vous partez.
Ce qu’un détecteur d’accent vous dirait
Si vous soumettiez à un logiciel entraîné sur l’anglais de locuteurs brésiliens un enregistrement de vous en train de lire un paragraphe, il isolerait probablement les trois ou quatre mêmes traits comme votre signature vocale. Pour la plupart des locuteurs brésiliens, il s’agit d’un mélange entre le ee superflu sur les syllabes fermées, les t et d adoucis devant le ee, la transformation du l en w à la fin des mots, et l’absence du th. Les autres particularités ont tendance à apparaître moins fréquemment, ou seulement dans certains mots précis.
Savoir quels sont vos trois ou quatre schémas dominants vaut bien plus que de travailler frénétiquement toute la liste. Vous n’avez pas à corriger les dix. Vous devez repérer les deux ou trois qui marquent le plus votre discours et entraîner le mouvement spécifique qui permet de les corriger.
FAQ
Parce que le portugais ne termine pas ses mots sur une consonne dure. Lorsqu’un mot est censé se terminer sur une occlusive comme b, k ou g, la bouche portugaise vient soutenir la syllabe avec une petite voyelle /i/. Ainsi, Facebook devient Face-book-ee et club devient clu-bee. Pour y remédier, terminez le mot sur la consonne elle-même : maintenez le son final et coupez votre voix net, sans laisser échapper de voyelle.
Le portugais brésilien transforme automatiquement le t en son ch et le d en son j chaque fois qu’ils se trouvent devant une voyelle /i/, ce qui explique pourquoi tia se dit CHEE-ah et dia se dit JEE-ah. L’anglais conserve un t et un d durs à ces endroits, si bien que team s’adoucit en cheam et deep en jeep. La solution consiste à relâcher le t ou le d sous forme d’occlusive nette contre la crête alvéolaire (derrière les dents), sans aucun sifflement sh ou zh dans son sillage.
Parce que dans la majeure partie du Brésil, la lettre r en début de mot se prononce comme un son h, et non comme un r anglais. Le mot rato sonne donc comme HA-too. Cette habitude se transpose en anglais, transformant red en head et rich en hitch. Le R anglais se forme avec les lèvres légèrement arrondies et la langue massée vers l’arrière sans rien toucher. En commençant le mot avec les lèvres en avant, vous empêcherez le h de s’y glisser.
Il se situe dans la moyenne. Le portugais vous offre déjà le battement de langue utilisé pour le flap-T, un système vocalique riche et la plupart des consonnes anglaises, ce qui constitue une vraie longueur d’avance. Le véritable travail tient sur une courte liste : le ee superflu sur les syllabes fermées, les t et d adoucis devant un i, la transformation du l en w, les deux sons th que le portugais ne possède pas, et la distinction vocalique ship/sheep. Rien de tout cela n’est exotique, et la plupart de ces points réagissent très vite à un entraînement ciblé.
Commencez par le ee superflu à la fin des mots, car c’est lui qui trahit le plus l’accent pour le moins d’effort mécanique. Il s’agit d’une habitude, et non d’un nouveau son à apprendre. En l’éliminant, vous retirez d’un seul coup une syllabe entière de dizaines de mots courants. Cela permet aussi de désamorcer le problème des t et d adoucis, puisque ceux-ci sont précisément déclenchés par cette voyelle ee que vous êtes en train d’apprendre à ne plus ajouter.
Pour atteindre une intelligibilité constante, où vos interlocuteurs cessent de vous demander de répéter, la plupart des locuteurs brésiliens ont besoin de 4 à 10 semaines de travail concentré sur leurs deux ou trois schémas dominants. Acquérir un registre clairement américain que vous pouvez activer à volonté relève davantage d’un projet de 6 à 12 mois. L’article complémentaire sur les délais d’apprentissage détaille ces étapes plus en profondeur.
Le portugais vous a déjà offert le battement de langue, un jeu complet de voyelles, et une bouche qui sait bouger vite. Ce que l’anglais y ajoute, ce sont quelques nouveaux sons et l’habitude de laisser un mot se terminer sur une consonne nue. Enregistrez-vous en train de lire un paragraphe, identifiez les deux schémas qu’un auditeur remarque en premier (généralement le ee superflu et les t et d adoucis), et exercez-vous uniquement sur ceux-là pendant quelques semaines. Le reste peut attendre, et se règlera en grande partie de lui-même une fois que ces deux obstacles majeurs cesseront de détourner votre bouche de sa cible anglaise.